On parle beaucoup de la compétition qui sévit dans le monde des entreprises et étrangement on parle très peu de ce qu'il est convenu d'appeler le marché mondial de l'information susceptible d'aider ces mêmes entreprises à se développer et à se concurrencer. Ce paradoxe n'a rien de surprenant.

Après 20 ans de sensibilisation, beaucoup de décideurs économiques ont encore bien du mal à saisir l'intérêt d'un usage plus professionnel de l'information.

Premier constat, ils ne s'intéressent pas aux enjeux de puissance dans ce domaine. C'est ainsi que la France a perdu au fil des années le contrôle de ses entreprises dans le renseignement commercial, de ses banques de données dans la veille technologique, de ses cabinets d'audit, de ses brokers d'information privée et bientôt de ses sociétés d'archivage. Les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la Chine ou la Russie ont une approche radicalement différente du problème dans la mesure où ce secteur d'activité tertiaire est prise très au sérieux par les milieux dirigeants. Celui qui contrôle la production, le formatage culturel, les canaux de diffusion et la commercialisation de cette information privée à un avantage sur les autres pays compétiteurs en situation de demande. Un pays est d'autant plus puissant qu'il contrôle la production de son information et qu'il en fait un levier pour pénétrer des marchés extérieurs.

Second constat, les entreprises qui remportent des marchés sont celles qui investissent dans l'acquisition d'informations, voire de renseignements. L'approche des pays asiatiques qui reste l'un des échecs majeurs du commerce extérieur français est conditionnée par la maîtrise de la cartographie mise à jour en permanence des centres de décision et des réseaux d'affaire locaux. Depuis la disparition de son empire colonial dans cette partie du monde, la France souffre d'un déficit de présence chronique que sa diplomatie économique n'a pas pu compenser. Contrairement à nous, nos voisins européens allemands, néerlandais, italiens ont su tisser une toile relationnelle entre leurs expatriés, des sociétés de commerce et des systèmes d'appui bancaires centrés sur les capacités de leurs entreprises à exporter dans cette partie du monde. Si on devait comptabiliser le nombre de réseaux opérationnels français susceptibles de faire de gagner des marchés en Asie aux entreprises françaises, le résultat serait sans doute inférieur à dix. C'est peu et alarmant.

Troisième constat. Loin de se dissoudre dans la mondialisation des échanges, le besoin d'informations est en train de s'étendre à d'autres domaines connexes aux marchés. Les entreprises occidentales se doivent aujourd'hui de fournir de plus en plus de données financières à cause des contrecoups de l'affaire Enron, de communiquer de manière plus précise sur les mesures prises en matière de développement durable, d'investissement socialement responsable et de responsabilité sociétale. Ces nouvelles contraintes informationnelles sont le fruit de la pression des la société civile et des Organisations Non Gouvernementales. Or qui occupe le terrain ? Des agences de notation financières et extrafinancières, des entreprise spécialisées dans la sécurité des systèmes d'information, des cabinets de consultants intégrant l'audit, la stratégie, le mangement de l'information, l'influence et la gestion de crise. La France ne cherche pas à prendre une part décisive de ce marché porteur. C'est une erreur mais il est encore temps de réagir.

Il apparaît donc un nouveau marché de l'information stimulé par les technologies de l'information et de la communication. Celui qui sait, non seulement vend mieux mais influence durablement son environnement. Cette vérité anglo-saxonne, asiatique, russe ou brésilienne n'est pas encore inscrite sur les tables de la loi des entreprises d'origine française. Seule une minorité d'entre elles a compris l'importance du sujet. C'est aussi ce déficit là qu'il faut combler. Comment s'y prendre dès lors que les experts économistes hexagonaux n'ont rien ou si peu de choses à dire sur un sujet aussi sensible ? La démarche autour de l'intelligence économique a été une première tentative. Il y en aura d'autres.

La démonstration la plus évidente nous est donnée une fois de plus par les compétiteurs étrangers qui ont compris l'intérêt de l'usage d'une information utile. Un signal faible intéressant nous vient d'Allemagne. Les entreprises moyennes qui détiennent jusqu'à 30% du marché mondial d'une niche commencent à être fragilisées par cette course à l'information qu'elles croyaient cantonnées à une vision purement technique. Ces champions de la petite entreprise triomphante de la mondialisation commencent à subir leurs premiers revers parce qu'elles n'ont pas su voir venir les coups portés par la concurrence d'anciens clients d'économies émergentes. Elles vérifient une fois de plus une vieux principe de la guerre économique qui consiste à imiter puis à dépasser le maître qui vous a tout appris.

Christian Harbulot
Directeur de l'Ecole de Guerre Economique (Groupe ESLSCA)
Directeur du Cabinet Spin Partners

Source: http://www.usinenouvelle.com

Publié par Djibril Diakhaté. vendredi 26 septembre 2008 0 commentaires


Pour sa 4e édition, les Rencontres Innovation, Compétitivité et Connaissance feront le point sur les concepts, acteurs, services et solutions logicielles dans le domaine de la maîtrise de l'information stratégique et des connaissances. Au travers de l'exposition et du forum, ce rendez-vous vous permettra d'approfondir les thèmes qui ont construit sa légitimité auprès des professionnels et des responsables de l'information et de la décision :

- Veille, analyse stratégique, intelligence économique, Moteurs de recherche Entreprise
- Knowledge management, capital humain, Organisations en réseau
- Performance collaborative, Entreprise 2.0, Aide à la décision


Programme détaillé et inscriptions : http://www.icc2008.info/



Publié par Djibril Diakhaté. jeudi 25 septembre 2008 0 commentaires

Invité par la Chaire Roméo-LeBlanc en journalisme, Christian Marcon, professeur à l’Université de Poitiers, présentera une conférence publique ayant comme thème Les réseaux relationnels : une nécessité, le lundi 29 septembre à midi dans le local A-206 de l’édifice des arts au Campus de Moncton de l’Université de Moncton.

Les réseaux relationnels sont au cœur des communications tant personnelles que professionnelles. Pourtant, on les tient souvent pour acquis alors qu’il nous faut les développer et surtout les activer.

Ces réseaux, composés des personnes que nous connaissons, font partie de notre quotidien, que ce soit sous la forme de réseau professionnel, communautaire, politique ou encore affectif. Mais on ne sait pas toujours valoriser ceux dont on dispose. Pourtant, nous avons tous besoin de réseaux, que ce soit pour décrocher un emploi, gravir les échelons dans son entreprise, conquérir de nouveaux marchés, trouver ou communiquer une information et, plus globalement, faire avancer ses projets.

Dans sa conférence, Christian Marcon s’interrogera sur la notion de réseau, en plus de proposer un panorama des principaux types de réseaux et de leurs caractères, une démarche méthodologique en vue de mettre en place une stratégie-réseau et de travailler en réseau. Enfin, il évoquera la pratique relationnelle dans le réseau en lien avec la place considérable prise désormais par les sites de réseautage social sur Internet. La conférence s’efforcera d’articuler des repères issus de travaux de chercheurs universitaires, des exemples de terrain et des éléments empruntés aux travaux publiés par le conférencier.

Christian Marcon est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication. Il dirige l’Institut de la communication et des technologies numériques de l’Université de Poitiers. Responsable du master professionnel Stratégie et Management de la Communication, conférencier, chercheur dans le domaine des stratégies réseaux et de l’intelligence économique, il est l’auteur de nombreuses communications, articles et de trois ouvrages coécrits avec son collègue Nicolas Moinet : La stratégie-réseau (ZéroHeure, 2000), Développez et activez vos réseaux relationnels (Dunod, 2004, 2008), et L’intelligence économique (Dunod, Topos, 2006)

Source: jminforme.ca

Publié par Djibril Diakhaté. mercredi 24 septembre 2008 0 commentaires

Bonjour

Comme utilisateur averti des outils de recherche d'informations et de veille sur Internet, je suis assez satisfait de Copernic Agent Pro. Il est simple, exhaustif et performant. Malheureusement il y a un fait que je ne comprends pas sur lequel je voudrais des éclaircissements. Raison pour laquelle je veux lancer ce débat:

Pourquoi Copernic continue à ne pas intégrer Google dans sa liste de moteurs?

Quand on connait la puissance de ce dernier, je me dis que ce serait une bonne réussite et un pas de plus dans "l'accès pertinent à l'information" de fédérer ces deux monstres. Et puis un temps fou à faire gagner aux veilleurs. Le témoignage que je veux partager dans mon expérience personnelle c'est que j'ai toujours un sentiment de travail à moitié fait après avoir utilisé Copernic. Car je me dis que je suis certainement passé à coté d'une bonne quantité d'informations pertinentes et je me rachète en général en finissant par interroger Google. A mon avis ce serait un gain temps fou de pouvoir utiliser d'un seul coup tous nos outils. Et en m'aventurant sur quelques forums spécialisés, je me suis rendu compte je suis loin d'être le seul à déplorer cette affaire.
J'espère que au-delà des supposées problèmes confidentiels qui concerneraient les deux groupes, la communauté d'utilisateurs de ces produits ont leur mot à dire surtout l'ère du Web 2.0 où l'utilisateur est au cœur du système.

Cordialement

Publié par Djibril Diakhaté. mardi 16 septembre 2008 2 commentaires

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A propos de l'auteur

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Djibril Diakhaté
Enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication, EBAD, UCAD (DAKAR). Doctorant infoCom, IEP Aix-en-Provence
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