Le spécialiste du filtrage Olfeo et le cabinet d'avocats Alain Bensoussan font le point sur les modalités juridiques du filtrage de trafic internet au sein des entreprises

Pour préserver sa bande passante, le CHU de Montpellier filtre les accès à Facebook, Youtube et Dailymotion depuis mars dernier. Il n'est pas le seul. Le ministère des Finances et de la Fonction publique interdit aussi l'accès aux réseaux sociaux, aux sites de vidéos et aux sites d'enchères. La Poste a également mis en place un filtrage internet. Ces différents cas récemment relatés dans la presse font écho à la sortie du rapport "Filtrage et Internet au bureau : enjeux et cadre juridique" co-écrit par le spécialiste du filtrage Olfeo et le cabinet d'avocats Alain Bensoussan. "Face aux menaces liées à l'utilisation d'internet en entreprise, peut-on prendre le risque de ne pas contrôler le trafic des collaborateurs ? Quelles sont les obligations légales ?" s'interrogent les auteurs de l'étude.

Selon eux, les risques pour l'employeur sont nombreux : juridiques (responsabilité pénale et civile), techniques (intrusions, virus, divulgation d'informations confidentielles) et financiers (liés à la perte de productivité des salariés). "L'enjeu du filtrage est de limiter l'accès des salariés aux contenus illicites, mais aussi de limiter la responsabilité de l'employeur", résume Eric Barbry, avocat au cabinet Alain Bensoussan qui a participé à la rédaction du rapport. Olfeo chiffre de son côté la baisse de productivité à six semaines par an et par collaborateur, soit 15 % du temps de travail annuel. Et côté technique, le CHU de Montpellier a mesuré que les applications "non professionnelles" peuvent consommer jusqu'à 90 % de la bande passante internet de l'entreprise.

La loi reconnaît l'utilité du filtrage internet depuis dix ans, suite à la décision de justice 276/1999 CE qui confirme que "les outils de filtrage constituent des éléments essentiels pour assurer un environnement internet plus sûr". La jurisprudence conforte cette tendance en légitimant la mise en œuvre d'un contrôle des connexions internet et elle reconnaît le droit de loguer le trafic. Dans un arrêt du 9 juillet 2008, la Cour de Cassation a retenu que, dans une entreprise, les connexions à internet étaient "présumées professionnelles" : l'employeur peut donc rechercher ces données et ce, hors de la présence de l'employé.

La problématique pour les DSI n'est donc plus le filtrage en lui-même, mais les conditions du déploiement des filtres qui doit se faire en conformité avec la loi. "La mise en œuvre d'une telle solution doit respecter trois axes : le droit du travail, le droit Informatique et libertés, le droit de la preuve" précisent les auteurs de l'étude. Contrairement aux idées reçues, les projets de loi Hadopi et Loppsi ne visent pas que le grand public et devraient préciser les modalités de mise en œuvre au sein des entreprises

L'intégralité du Rapport est accessible ici

Sources: indexel.net, Olfeo

Publié par Djibril Diakhaté. dimanche 28 juin 2009 0 commentaires

La planète internet a connu ces derniers jours un tintamarre autour de la sortie du moteur Bing, un GoogleKiller de Microsoft. Les mordus d’internet et de recherche d’informations ne pouvaient passer à coté de cet évènement relevant plus d’un coup médiatique que d’une réelle innovation. Bing représente plus une pâle copie de Google pimentée de quelques gadgets qu’une réelle invention. Microsoft en misant sur ce genre d’initiatives espérait grappiller quelques parts de marchés au mastodonte de la recherche d’information. Il ferait mieux de privilégier une approche plus originale qui défamiliariserait les internautes de Google en leur proposant une vraie alternative.


Google est tellement présent dans l’univers de la recherche d’information qu’il ne serait pas facile de le battre en le copiant tout simplement. Certes, il est possible de reproduire certaines fonctionnalités du moteur comme l’a fait bing (voir la catégorisation de sa page de recherche) mais la difficulté sera de proposer des services qui soient à la hauteur. Déjà à la sortie de Bing la firme de Mountain View a presque volé la vedette à Microsoft en s’enrichissant de nouvelles fonctionnalités. Google Squared, la dernière trouvaille en date, propose une comparaison des requêtes sous forme de tableau. Il faut signaler, en passant, que cette fonctionnalité n’est pas efficace pour tous les types de requêtes mais reste très intéressante en ce qui concerne les recherches sur des produits, des entreprises et des personnes.

Exemple de recherche : les prix Nobel



La sortie de Squared a été précédée par une semaine de publication de plusieurs autres innovations :

- Timeline : il permet une personnalisation des sources pour Google news. En d’autres termes vous pouvez choisir vos propres magazines, quotidiens sur les quels Google se basera désormais pour afficher votre page d’actualité avec une possibilité de classer les articles par jour, mois, semaines etc.

- Similar Image : une amélioration de Google image qui donne la possibilité de rechercher des images identiques. L’idée est de privilégier la recherche à travers les images et non à partir de mots clefs. Par exemple vous faites une recherche sur la tour Eiffel, il y a une multitude d’images qui vous sont renvoyées. Et parmi celles-ci il y a une qui attire particulièrement votre attention. A partir du lien Similar image en dessous de l’image en question il vous est désormais possible de rechercher toutes les autres images qui sont dans la même configuration.

- WonderWeel : Pour l’instant disponible que pour la version anglo-saxonne. Avec wonder Wheel, Google se met au MindMapping ( la présentation des résultats sous forme de carte heuristique). Une touche intéressante pour l’organisation et la visualisation des résultats de recherche. A partir du mot-clé entré, des ramifications sont faites en fonction des relations existantes entre les différents éléments que constituent les résultats : Voir imprime-écran.

Requête : « intelligence économique »




Entre autres innovations, Google marque encore une fois de plus sa présence sur le web 2.0. Avec searchWiki, il répond à cette exigence nouvelle du web collaboratif « le pouvoir aux utilisateurs ». En effet, L’utilisateur a aujourd’hui la possibilité avec ce nouvel outil de reclasser ses résultats de recherche en fonction de sa pertinence. Avec des annotations SearchWiki permet, en outre, d’enrichir les contenus

Alors tout une panoplie de nouveautés très intéressantes et qui ont comme vertu de fidéliser davantage les utilisateurs. Au moment où Bing peine à reconnaitre les syntaxes primordiales à une recherche avancée et pertinentes d’information.

- La syntaxe « related » si chère aux professionnels de la veille car permettant d’afficher les sites concurrents, n’est pas reconnue par Bing. Il considère l’élément « related » comme un mot clé de la requête alors qu’il s’agit d’un ordre. Il n’obéit pas. Alors que Google avec la même syntaxe vous sort merveilleusement les pages ayant des contenus similaires au site recherché.

- La syntaxe « allinurl » qui a démontré son efficacité dans Google avec la restriction des recherches exclusivement dans les urls, vous renvoie une page blanche dans Bing. Il en est de même pour « inurl »

- La syntaxe « filetype » est en fin pris en compte par Bing. En testant avec cette requête « protection de l’information filetype :pdf », les deux moteurs répondent et envoient des résultats constitués seulement de fichier pdf. Sauf qu’ici Bing pèche encore dans son manque d’exhaustivité. Et puis Google reste plus pertinent dans les 10 premiers résultats.

Autant de caractéristiques primordiales pour l’ergonomie de la recherche et la pertinence sur lesquelles Bing reste silencieux s’il ne renvoie pas beaucoup de bruits. Ce qui pousse à croire que Microsoft ferait mieux de vaincre son obsession de détrôner Google sur le terrain de Google (Bing est la quatrième version du moteur de Microsoft). Il a laissé beaucoup de temps et de marge de manœuvre à ce moteur qui a eu la patience de s’installer, d’améliorer ses offres en ingurgitant d’autres entreprises du marché (Youtube...) et en ne cessant d’innover.

Ainsi vu, vaincre Google pour Bing consiste à arriver au bout de deux difficultés :

- Se mettre au même niveau de fonctionnalités ou plus. Vu l’étalage d’innovations dont nous gratifie Google, Microsoft a du pain sur la planche

- Et encore plus difficile, séduire et récupérer les utilisateurs de Google. Ceci est lié d’abord à l’offre de fonctionnalités, à la performance du moteur mais aussi et surtout à son aptitude à proposer plus. Car il n’est pas intéressant de quitter un moteur pour un autre en y retrouvant les mêmes astuces. A cela s’ajoute l’investissement en termes de temps que se refuseraient bon nombre d’utilisateurs pour apprivoiser le nouveau moteur. L’avantage de Google, à ce niveau, est lié aux services qu’il agrège en plus de la recherche (Gmail, IGoogle, GoogleReader, Google news, les alertes web, Google historique…). L’intérêt de cette omniprésence est de maintenir l’utilisateur dans son giron en lui offrant tous les services possibles et imaginables.

En conclusion, la suprématie de Google en ces temps est incontestable mais c’est bien d’avoir des concurrents sérieux comme Bing, Yahoo et autres moteurs spécialisés pour pousser la créativité des uns et des autres au grand bonheur des utilisateurs. Et dans la recherche d’informations, aucun moteur ne peut se prévaloir de l’exhaustivité. Quelque soit sa performance, l’abondance sans cesse grandissante d’informations sur Internet, fait qu’il est impossible de ne pas passer à coté d’informations pertinentes. Les professionnels de l’information, les utilisateurs avertis des ressources du web, conscients de cette réalité ne peuvent se permettre d’utiliser un seul moteur. Il est impératif pour eux de connaître les points forts et les points faibles de chacun afin d’en jouer pour arriver à la bonne information.

Publié par Djibril Diakhaté. samedi 6 juin 2009 2 commentaires

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A propos de l'auteur

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Djibril Diakhaté
Enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication, EBAD, UCAD (DAKAR). Doctorant infoCom, IEP Aix-en-Provence
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