mardi 19 juin 2007

Veille et IE à l’ère du web 2.0: vers une évolution des pratiques informationnelles

Cet article est une partie du dossier que j'ai récemment réalisé sur le sujet.

La personnalisation de l'accès à l'information et l'émergence d'une certaine « intelligence collective » caractérisée par les blogs donnent de nouvelles idées aux praticiens de la veille informationnelle. Comment faire profiter le dispositif de veille de ces technologies désormais populaires qui font le web 2.0 ? Pour répondre à cette question nous essayerons d'analyser l'apport des différents éléments de cette Internet deuxième génération en l'occurrence les flux RSS, les blogs, les sites collaboratifs… dans les différentes phases classiques du cycle de renseignement.

1. la syndication de contenu (flux RSS, Atom…) et la veille stratégique.

Un flux RSS (Really Simply Syndication) est une technologie, aujourd'hui omniprésent dans le web permettant à tous les utilisateurs de recevoir périodiquement d'un site Internet les nouveautés d'un produit, d'un service, ou d'un domaine scientifique donné. L'utilisateur inscrit se voit ainsi automatiquement alerté des mises à jour intervenus dans les fils dans auxquels il s'est abonné.

Cependant l'exploitation de cette technologie peut être très diverse selon les ambitions de l'utilisateur. En effet, un suivi peut se faire à travers :

  • les messageries électroniques
  • les plateformes dédiées des navigateurs personnalisables comme Mozilla Firefox, Netvibes… qui permettent d'accéder directement aux flux comme on accède aux favoris.
  • Ou plus professionnellement à travers des aggrégateurs de fils dont les services varient. Certains proposent de collecter les données mais qui ne seront consultables que en on-line. D'autres offrent, en outre une possibilité de les stocker et de les exploiter en mode hors connexion.

L'atout majeur de ces flux dans le dispositif de veille est sans nul doute dans la collecte de l'information. Cependant vu le changement du contexte de l'utilisation – de l'utilisation personnelle on passe à la professionnalisation- la méthode devient plus rigoureuse.

Le travail de base pour la collecte dans un dispositif reste inchangé. Les flux RSS intégré dans un dispositif de veille peuvent apporter, cependant, une véritable valeur ajoutée mais encore faut-il qu'un travail préalable de repérage des flux pertinents soit effectué.

a). D'abord réaliser un panorama des sources pertinentes qui pourraient enrichir sa veille. Etudier minutieusement chaque site pour détecter la présence ou non de flux. Pour cette étape, des signes distinctifs renseignent sur l'existence ou non de la technologie RSS. La présence d'une des icônes dans les sites informe sur la possibilité d'une syndication :

Exemple d'icônes :




Une autre possibilité de recensement est la consultation des annuaires de flux RSS qui commencent aussi à proliférer : Exemple :

http://www.flux-rss.info/

http://www.lamoooche.com/

http://www.rss-network.com/

http://www.rssfeeds.com/

ou l'utilisation des moteurs spécialisés tel que http://www.feedster.com/

ou encore comme au bon vieux ton la recherche avancée à partir des moteurs classiques (Yahoo, Google, Exalead…) qui ont élargit leurs services aux flux RSS. En exemple essayons dans Google cette requête :


b). Après avoir bien identifié les sources, la deuxième phase consiste à choisir un bon aggrégateur de flux. Ce sont de petits logiciels qui permettent de gérer les différentes sources RSS. D'utilisation simple, ils permettent, une fois les adresses bien ajoutées, d'aller automatiquement rechercher les mises à jour et de les stocker, pour les uns, pour une utilisation ultérieure. L'avantage de ces outils réside dans le fait qu'ils permettent d'organiser les fils par domaines avec la création de dossiers thématiques, d'ajouter des descripteurs pour une meilleure spécification de la recherche. Un système de tri automatique permet de différencier les informations par jour semaine ou mois. Ils incluent le plus souvent un petit moteur qui offre la possibilité de rechercher par critère dans le lot de flux. Et mieux un système de mailing permettant d'envoyer des articles vers des utilisateurs potentiels.

2. les blogs : un outil populaire au service de la veille ?

Quand on parle généralement des blogs, on a le plus souvent tendance à penser à la version électronique du journal intime. Certes, à ses débuts le blog n'était pas loin de cette caricature un peu réductrice. Le blog (blogue ou carnet web pour le français) est une appellation inspirée du jargon informatique (log signifiant journal des logs, des connexions, des événements). Comme son nom l'indique alors, il s'agit d'un journal web issue d'une initiative personnelle ou collective, mis jour régulièrement sous formes d'actualités datées signée avec une possibilité pour les visiteurs de poster des commentaires.

On peut en distinguer plusieurs types :

  1. Des blogs intimes (introspectifs) qui sont des journaux intimes très populaires chez les adolescents.
  2. Des blogs d'entreprises tenus par des dirigeants ou des groupes de salariés pour créer une certaine proximité avec leurs clientèles.
  3. Des blogs d'actualités qui sont l'œuvre de journalistes ou des mordus de l'actualité qui jettent un regard différent sur l'actualité « officiellement » traités dans leurs journaux
  4. Des blogs d'experts et de passionnés entretenus des experts de tel ou tel domaine pointus, de retraités ou de passionnés et qui sont de véritables mines d'informations pour la veille technologique et concurrentielle.

Le succès d'un tel outil peut s'expliquer par sa gratuité, sa facilité de publication et surtout son interactivité qui permettent aux visiteurs de participer aux débats, de données leurs opinions etc.

Ainsi dans la veille, les blogs peuvent être d'un très grand avantage pour l'entreprise. Ils permettent de s'informer à chaud sur un produit, un secteur, une technologie, sur une entreprise etc. Il y est tout aussi facile, à travers les commentaires de suivre les tendances au sein d'une communauté d'utilisateur. Les blogs d'utilisateurs d'un produit ou d'un service sont les meilleurs dans ce cas : de véritables mines d'informations pour les entreprises concurrentes. Les utilisateurs ne se font pas prier pour critiquer ou couvrir d'éloges les produits. Le principe de l'anonymat qui fonde cet outil a comme conséquence une liberté de parole des utilisateurs qui peuvent même être des travailleurs de l'entreprise en question.

L'autre importance des blogs se lie à travers les buzz, une technique consistant à faire du bruit autour d'une information concernant un produit ou une offre. En général, on considère ces buzz comme faiseurs de l'actualité à venir. Ils sont aux avant-gardes de l'actualité car les journaux classiques les surveillent avec intérêt. Plus un buzz prend de l'ampleur, plus la presse s'y intéresse. Et les différents commentaires recoupés peuvent donner une certaine crédibilité à l'information « buzzé » pour être reprise progressivement par les sites web, la presse locale, la presse nationale et internationale. L'exemple le plus patent concerne une société américaine spécialisée dans la production d'antivol : Kryptonite. Un de ses produits phares a fait l'objet d'un buzz sur son manque de fiabilité dans un blog d'utilisateur. En moins de cinq jours, plus de 700.000 utilisateurs ont commenté l'article poussant ainsi l'entreprise à réagir en fustigeant l'information. Entretemps des utilisateurs ont posté une vidéo montrant comment un gros stylo peut ouvrir l'antivol. Le New York Times rapporte l'histoire. En moins de 10 jours le pic de 1.800.000 lecteurs par jours est enregistré. L'entreprise, désarmée et décrédibilisé, finit par rappeler les produits vendus et les échanger gratuitement. Ce qui lui coûtât une rondelette somme de 10 millions de dollars.
Voir video


Comme le montre ce schéma, l'évolution de l'histoire est spectaculaire. Cette mésaventure de Kryptonite montre aussi l'importance que doivent prendre les blogs dans les dispositifs de veille comme moyen d'anticipation. Ils créent l'actualité des jours avant les médias classiques et pour cela, ils méritent d'être surveillés.

2.1. La surveillance des blogs

La surveillance des blogs ne pourrait être efficace sans les flux RSS. En effet, on ne pas imaginer un blog sans flux. Il s'agit de deux technologies coexistantes. Les blogueur offrent des possibilités d'accès à leur billet (posts, articles…) par la syndication. A partir de ce moment il est plus simple de s'informer quotidiennement sur les nouveautés. Pour ce faire la technique est simple et déjà traités dans la partie précédente concernant l'apport des flux dans la veille.

Cependant il faudra préalablement rechercher les blogs, les évaluer et juger de leur pertinence par rapport aux objectifs de veille. Pour ce faire plusieurs méthodes sont possibles :

  • D'abord à travers les moteurs spécialisés. Il s'agit de moteurs comme :
    • Technorati
      http://technorati.com/ qui est l'un des plus puissants du moment exclusivement dédié aux blogs
    • Google BlogSearch
      Google Recherche de blogs: l'index est moins souvent rafraîchi que celui de Technorati mais l'interface de recherche avancée permet des requêtes précises
    • Sphere: recherche sur les billets, sur les urls des blogs et aussi sur les actualités
  • Ensuite à travers les répertoires et annuaires spécialisés : en exemple :
    • Blogolist: index des blogs francophones
    • Blogonautes: annuaires des blogs francophones. Recherche par critères : pseudo, ville, mots clés, date de modification...
    • Lespages.joueb.com : répertoire de blogs francophones. Classement par catégories : Paris, intime, cinéma, musique, société...
    • Blogarama: répertoire de weblogs.
    • Dmoz.org : les rubriques Blogs de l'Open Directory : en français et en anglais.
    • Blogtrafic : annuaire de blogs francophones
    • Blogwise : répertoire de blogs (par pays et thèmes)
    • Retronimo : annuaire de blogs francophones
    • Annuaire-blogs.fr : Annuaire thématique de blogs


  • ou enfin par une méthode directe à travers les blogs connus qui en général répertorie d'autres blogs du même type dans le même domaine

3. Le partage de signets ou « social booksmarking »



Une des caractéristiques du web 2.0 est le partage de données (P2P). Cependant il serait réducteur de penser cet échange concerne exclusivement les fichiers audio et multimédia. Présentement une nouvelle méthode de partage de connaissance, de collaboration est en train de naitre sur internet. Il s'agit du partage de signets ou de marque-pages plus connu sous son appellation anglo-saxonne « social bookmarking ». Des sites web proposent aujourd'hui des plateformes d'échanges de favoris entre les utilisateurs. Moyennant une inscription lui donnant accès à un espace, l'internaute peut aujourd'hui organiser toutes ses sources, les catégoriser et les décrire par le moyen de « tag » (mots-clés choisis librement par l'utilisateur) et d'un petit résumé du contenu du lien.

A la différence de la gestion des favoris qui se faisait classiquement par l'intermédiaire des navigateurs où l'accès aux favoris ne pouvait se faire que dans la machine qui les contient, l'avantage de cette nouvelle méthode réside dans son accessibilité n'importe où et par n'importe quelle machine pourvu qu'elle dispose d'une connexion internet. En plus de cela, on peut profiter du réseau de liens en cherchant dans les favoris des autres utilisateurs.

En guise d'exemple je vous cite DEL.ICI.US, que je connais et que j'utilise fréquemment. Il permet, en plus de ces avantages cités précédemment, de jauger de la popularité d'un site par le nombre d'internautes qui l'ont taggué.

Comme la recherche de sources de veille est un casse-tête dans le dispositif, cette plateforme de partage peut être d'une grande nécessité pour le veilleur.

Autres sites de partage de favoris :

http://www.simpy.com/

http://www.blinklist.com/

http://ma.gnolia.com/

CONCLUSION

En somme le web 2.0 regorge beaucoup d'avantages pour le dispositif de veille. Ces apports dans les différentes étapes du cycle de renseignement sont loin d'être révolutionnaires mais méritent d'être examinés avec sérieux pour une meilleure performance de la stratégie de veille. Comme exposées dans ce dossier, des flux RSS aux blogs en passant par le social bookmarking, les méthodes de repérage, de collecte, de diffusion et d'évaluation de l'information se retrouvent enrichies par ce nouvelle philosophie de partage et de construction de la connaissance collective que le web 2.0 vient de remettre au gout du jour.

Cependant des aspects négatifs, il n'en manque pas dans ce phénomène. Ils sont liés, pour la plupart, à la structure et aux principes d'existence même du web 2.0. En effet, la facilité de publication, de production et de diffusion de l'information qui le caractérise le rend vulnérable. Cette situation ouvre la porte à des dérapages, des calomnies, rumeurs et autres excès d'utilisateurs aux intentions malsaines. La désinformation qui a toujours fait légion avec le web 1.0 a, malheureusement, de beaux jours devant elle et ce n'est le web deuxième génération qui va freiner cette progression. Aux professionnels de la veille alors d'être vigilants en usant des méthodes d'évaluation qui leur sont connues pour pouvoir tirer un bon profit de ces nouveaux usages. Cette même vigilance sera de rigueur pour face à la sélection des mots-clés en vue d'une recherche donnée. La folksonomy (classification basée sur le langage libre, naturel des internautes) rend encore plus problématique cette étape cruciale de la veille. L'émergence des tags qui ne sont basés sur aucune réglementation – l'utilisateur étant libre de décrire l'information selon ses sensations – reste une difficulté dont il faudra apporter des solutions pour une recherche efficace de l'information dans les blogs, et sites collaboratifs notamment.

BIBLIOGRAPHIE


  1. Blogs et RSS : des outils pour la veille stratégique (Livre Blanc). – Digimind, juin 2006. – 47p
  2. Boulet, Eric Le. – C'est quoi le web 2.0. – In : SVM, n°248, mai 2006. – accessible in http://svm.vnunet.fr/dossiers/tpepme_-_business/20060502006
  3. De Rosnay, Joël. – La révolte du Pronetariat. – Paris : Fayard, 2006. – 252p.
  4. Garreau, Angélina. - les blogs entre outil de publication et espace de communication : un nouvel outil pour les professionnels de la documentation. - Mémoire de maîtrise, Institut d'arts, lettre et d'histoire, Université catholique de l'ouest, Angers. – Septembre 2005. – 160p.
  5. Gordon, MURNANE-Laura . - Social bookmarking, folksonomies, and web 2.0 tools . – 2006.
  6. Molinaro, Fabrice. – Dossier special web 2.0. – Defidoc, decembre 2006. – accessible in http://www.defidoc.com/publications/ds_web2.0/VeilleRechercheInfo.htm. - Consulté le 9 Fevrier 2006
  7. Révelli, Carlo. – Intelligence économique et internet. – Paris : Dunod, 2001, p24.
  8. Web 2.0 : l'Internet deuxième génération. – France telecom. – In : http://www.francetelecom.com/fr/groupe/rd/une/thematique/dossier_mois/ddm200603/index.html. - Consulté le 25 janvier 2006
Djibril D.

jeudi 14 juin 2007

Un fil bien emmêlé

Article paru dans la revue Société de l'information, no. 38, juin 2007

La technologie RSS est un des symboles du « 2.0 ». Mais, si elle simplifie la vie de l’internaute moyen, son
histoire a des allures de casse-tête. Pour faire simple, il faut parfois passer par la case « compliqué ».

Au lieu de consulter son site préféré pour vérifier la présence de mises à jour, pourquoi ne pas laisser les mises à jour venir à soi ? C’est la philosophie RSS. Les articles du Monde, les critiques de AlloCiné et même le podcast des Grosses Têtes… les fils RSS sont aujourd’hui partout. Pour les utiliser, il suffit d’un « agrégateur », un petit logiciel souvent intégré dans le navigateur web. Mais que signifient les trois lettres RSS ? La réponse la plus courante est Really Simple Syndication, pour Distribution (ou syndication pour reprendre le terme américain) vraiment simple, mais certains parlent aussi de RDF Site Summary pour Cadre de description des ressources résumé de site et d’autres noms encore circulent. A qui se fier ?

Divergences chez les développeurs

Tout commence, raconte-t-on, en 1999, voire pour certains en 1997. En tout cas on s’accorde à dire que l’histoire du terme RSS est à l’origine liée à celle de Netscape. L’éditeur du premier navigateur web vient de lancer un portail internet et a besoin de faire « parler » le contenu des pages créées par les internautes. L’objectif est de pouvoir restituer ensuite cette information aux autres internautes. C’est là qu’intervient le RSS. Les trois lettres signifient alors RDF Site Summary. Mais bien vite, à l’automne 2000, un nouveau RSS apparaît. C’est le Rich Site Summary pour Résumé de site élaboré. Et l’histoire se complique. Car si ce nouvel avatar du RSS a des origines communes avec l’ancien, il ne lui succède pas. Bien au contraire, il s’agit d’une
branche divergente ! Comme souvent, tout provient d’un désaccord entre développeurs. Les anciens veulent faire un RSS plus pur, plus beau techniquement ; les nouveaux privilégient la simplicité pour l’utilisateur. En décembre 2000, une version RSS 1.0 voit le jour, puis
une version 2.0 à l’automne 2002. Mais bien sûr ces deux versions ne sont absolument pas compatibles, puisque la version 1.0 est une évolution du RSS « canal historique », alors que la 2.0 provient du « canal dissident » ! La version « dissidente » prend pour nom développé Really Simple Syndication, soulignant l’objectif de simplicité. Au total, un observateur dénombrera 9 versions différentes de RSS début 2004.
Un bel écheveau à démêler pour les amateurs d’histoire contemporaine.
C’est justement ce qu’a tenté Frédéric Laurent, un architecte informatique passionné de standards. Dès 2001 il s’intéresse à la technologie RSS qui lui paraît être une évolution majeure pour consommer et échanger de l’information efficacement. En 2004, « suivant les différentes querelles que RSS a suscitées et voulant comprendre l’enchaînement des différentes versions,
j’ai cherché en vain des informations synthétiques sur l’historique de ces formats. N’ayant rien trouvé en français, j’ai décidé de le créer », se souvient-il. Des anglophones l’avaient en effet précédé. On trouve une histoire du « schisme » reprenant les échanges ayant mené à la bifurcation, ainsi qu’un « résumé de l’histoire du RSS » raconté par Dave Winer, le leader
de la branche dissidente qui, comme dans toute bonne dispute, était un des principaux architectes de la branche historique avant de basculer. On s’en doute, la vision de ce dernier n’était pas forcément des plus impartiales…

Convergences des utilisateurs

Depuis 2004 heureusement les choses se sont apaisées. C’est du moins l’opinion de notre historien français. F. Laurent a, d’ailleurs, lui-même mis la pédale douce : « 3 ans après, je me suis un peu lassé des différentes guerres de clocher souvent stériles », dit-il, « les logiciels de blog peuvent lire de nombreux formats, tout comme les agrégateurs ». En effet, les techniciens, qui ne sont pas tous des fondus d’histoire, ne se sont pas encombrés de débats partisans. Puisque la convergence des standards n’a pas eu lieu, ils ont fait des logiciels compatibles avec toutes les normes !
C’était d’autant plus logique que les deux branches du RSS sont maintenant largement stabilisées. Mais que les historiens en herbe se rassurent, il y a encore beaucoup à raconter ! Entre-temps, un troisième larron, du nom d’Atom, a essayé de régler leur compte aux frères ennemis. Comme quoi technologie simple peut rimer avec histoire compliquée.

Charles Simon


mardi 12 juin 2007

Le nouvel Internet : Le pouvoir aux utilisateurs?

Bonjour, comme premier post de ce blog, j'aimerai commencer par participer dans le débat qui est de plus en plus rude sur le phénomène web 2.0.

En guise de contribution, voilà un petit aperçu que j'ai voulu succint de ce qui nous a amené vers ce qu'il est convenu d'appeler entre autres: web social


L'Evolution Historique d'Internet

Internet, un système d’information et de communication internationale est le résultat de la rencontre des différents efforts nationaux en matière de maîtrise de l’information. Il est aussi le parachèvement de l’intégration des réseaux locaux des entreprises et organisations.

Contrairement à une idée reçue, Internet n’est pas l’apanage d’une seule nation, ou d’une seule institution de recherche même s’il y’a un précurseur à l’image de l’Agence militaire ARPA ( Advanced Research Project Agency).

En effet, à la fin des années 60, aux Etats-Unis, est né un réseau d’information du nom ARPANET pour sécuriser les communications militaires. C’est seulement en 1980 que cet important instrument de recherche et d’échange d’information fut élargi aux communautés scientifiques américaines. En 1986, la NASA (National Aeronautic and Space Administration) et la NSP (National Science Foundation) décidèrent de connecter les universités entre elles. Internet n’a acquis son statut d’outil d’information grand public qu’à partir de l’année 1992 grâce au World Wide Web , désigné comme « une immense « toile d’araignée » mondiale qui relie les milliers d’ordinateurs et qui permet un accès convivial aux informations grâce au caractère multimédia de chaque texte publié et le principe de l’hypertexte » Carlo Revelli

Ce phénomène d’Internet, tout au début américain, est aujourd’hui d’allure internationale avec la mise en commun de milliers de réseaux appartenant à divers acteurs (sociétés, entreprises, universités, particuliers etc.). Sa facilité d’accès, d’utilisation et de publication contribue à une meilleure circulation de l’information ainsi à un mieux partage de l’information.

Cependant la première conséquence de cette vulgarisation de l’information est la surabondance de l’information qui rend de plus en plus difficile l’accès à la bonne information. D’où l’intérêt des utilisateurs de pouvoir distinguer le vrai du faux. Car il faut se rappeler qu’Internet constitue un réseau d’information ouvert à tous les publics donc susceptibles de regorger toutes sortes d’informations allant du plus véridiques au plus mensongère. Il y va donc de l’intérêt des professionnels de l’information d’investir le réseau et de se l’approprier comme un outil de travail.

LE WEB 2.0 ou le WEB SOCIAL


"...le pouvoir aux internautes! "

L'apparition d'Internet a convaincu l'ensemble des spécialistes des sciences de l'information et de la communication et leurs collègues informaticiens de l'existence d'une révolution sans précédent dans les manières de s'informer et de communiquer. Du début des années 90 jusqu'à nos jours beaucoup de phénomènes se sont passés concernant l'Internet grand public mais jamais aucun d'eux n'a pris l'ampleur de ce qu'il est convenu d'appeler le web social ou pour les plus techniques le web 2.0.

Définition de Wikipédia lui même un exemple du phénomène Web social

Le terme a été inventé par Dale Dougherty de la société O'Reilly_Media lors d'un brainstorming avec Craig Cline de MediaLive pour développer des idées pour une conférence conjointe. Il a suggéré que le Web était dans une période de renaissance,
avec un changement de règles et une évolution des business model. Dougherty a donné des exemples au lieu de définitions : « DoubleClick, c'était le Web 1.0 ; GoogleAdSense, c'est le Web 2.0. Ofoto, c'était le Web 1.0 ; Flickr, c'est le Web 2.0. », et
recruté John Battelle pour une perspective d'affaire. Puis O'Reilly Media, Battelle et MediaLive ont lancé la première conférence Web 2.0 en Octobre 2004. La seconde conférence annuelle a eu lieu en Octobre 2005. Dans l'exposé d'ouverture de leur conférence, O'Reilly et Battelle ont résumé les principes clés qu'ils estiment caractéristiques des applications Web 2.0 : le Web en tant que plateforme ; les données comme « connaissances implicites » ; les effets de réseau entrainés par une « architecture de participation », l'innovation comme l'assemblage de systèmes et de sites distribués et indépendants ; des business model poids-plume grâce à la syndication de contenus et de services ; la fin du cycle d'adoption des logiciels ( « la version bêta perpetuelle » )


Qu'est ce que le Web social ?

La relative nouveauté du concept fait qu'aujourd'hui qu'il n'existe pas encore de définition vraiment limpide et surtout théorique du phénomène. Les tentatives de conceptualisation se limitent à la juxtaposition d'exemples de pratiques et d'outils illustrant notre entrée dans l'ère du Web social.

Cependant les principes qui fondent le web 2.0 sont :

- La position de l'utilisateur. Il n'est simple utilisateur recevant des sites et autres applications web, une abondance d'informations génériques, brutes sans tri. De l'utilisateur passif, il passe à un statut d " utilisateur-producteur-diffuseur". Il participe désormais à l'élaboration de l'information et à sa diffusion grâce à des outils simples d'utilisation, gratuits et accessibles à tout le monde. Le blog aujourd'hui en est la véritable illustration.

- La Customisation "personnalisation" de l'information. L'utilisateur d'aujourd'hui lit l'information qu'il veut quand il veut. L'émergence des techniques de syndication (Fils RSS et autres notamment Atom) permettent de choisir, dans une floraison de thèmes, celui sur lequel on voudrait s’être informé. Il s'agit du Pull personnalisé. Aujourd'hui certains sites très avant-gardistes proposent l'accès à leur mise à jour par technologie RSS. Le blog de l'intelligence économique, par exemple permet à ses utilisateurs de recevoir périodiquement les nouvelles informations publiées.

Cette personnalisation ne s'arrête pas seulement sur les données informationnelles « texte ». Il en est de même pour les données multimédia qui proposent eux la version son, image des Flux RSS en l'occurrence les podcasts. Aujourd'hui les medias de masse traditionnel (radio et Télé...) produisent une partie de leur programme en podcast.

- Le partage de données : Si partager régresse de plus en plus dans la société humaine, le web semble aujourd'hui le réhabiliter malgré une certaine tentative de politiques à enfreindre cette phénomène historique pour des raisons purement mercantiles. Si le P2P souffre aujourd’hui de la législation dans certains pays, il n'en est pas moins indiqué qu'il constitue un des élément non négligeable et fondateur du web social. Aujourd'hui le web offre des applications qui permettent de tout partager, des fichiers multimédia aux photos sans oublier les données informationnelles. Même les marque-pages ou favoris pour les autres, se communautarisent. Les exemples suivant nous donnent un aperçu de ce qui passe désormais grâce au web.

Del.icio.us est un site qui permet à la communauté d'internautes de mettre à disposition leur favoris. Avec une inscription à l première visite, on pourra créer un compte dans lequel on peut tagger nos sites pertinents. L'avantage c'est que Delicious permet aux uns de chercher dans les favoris des autres et surtout de juger de la popularité des sites.

Flickr permet aux internaute de partager leurs meilleures photos.

On pourra toute cette journée en ne donner que des exemple. Aujourd’hui rien n’échappe à ce principe de partage et l’utilisateur est très impliqué à toutes les activités du web. Même les logiciels n’échappent plus au phénomène. Les versions bêta restent très longtemps à l’essai car tout le temps évaluées par les utilisateurs. Les moteurs de recherche eux aussi s’y mettent. Google par exemple offre la possibilité de créer son propre mini moteur avec ses sources propres.

Liens utiles:

http://www.pronetariat.com/
http://www.internetactu.net/index.php?p=6144
http://www.synapse.paysdelaloire.fr/Observatoire/Services+Observatoire/Dossiers+speciaux/Web+2.0.htm
http://www.defidoc.com/publications/dossierspecial_web2.0.htm
http://www.indexel.net/1_6_4471__3_/5/17/1/Web_2.0___le_glossaire.htm


Djibril Diakhaté
LVIC-GERSIC, Univ-Aix-Marseille III