Deux films récents font du web le lieu ultime de la vengeance. C’est sûrement plus qu’un hasard, les deux comédies étant l’oeuvre de deux réalisateurs différents. Ken Loach dans Looking for Éric et Jean-Pierre Jeunet dans Mic mac à tire larigot font d’Internet le lieu où les petits peuvent se venger des turpitudes
des plus forts qu’eux (des trafiquants de drogue et des marchands d’armes). Une vidéo publiée sur un site idoine et voilà le coupable soumis à l’ultime châtiment de l’ère numérique : il est ridiculisé. Sa réputation est réduite à zéro !
Deux comédies révélatrices de nouvelles pratiques qui nous incitent à réagir et à débattre. Parce que ces films font l’apologie d’une justice auto-administrée, d’une forme high tech de la vengeance, qui rappelle davantage le goudron et les plumes que les droits de la défense et le respect de la procédure. Parle-t-on encore de justice quand il suffit de publier sur un blog des propos à la limite de la diffamation pour régler ses comptes ?
C’est à ce mouvement de délation généralisée que s’intéresse Sociétés de l’information. D’abord parce qu’il alimente les critiques croissantes qui fusent contre le réseau, soudain accusé de tous les vices après avoir été paré de toutes les vertus.
Ce numéro vous raconte les malheurs de Lola, une adolescente dont la réputation est malmenée sur le net. Il vous raconte aussi comment certaines entreprises incitent les salariés à dénoncer les comportements délictueux. Vous y verrez comment le mouvement gagne le monde. Sans oublier la chronique juridique du mois qui examine le nouveau statut des éditeurs de services. Retrouvez enfin le reportage de notre envoyée spécial au Forum de la gouvernance sur Internet.
Sommaire du Numéro 64 de la revue Société de l'information

Le grand air de la calomnie - nouveau standard du web ?
A la barre
La presse en ligne alignée sur les medias traditionnels ? Soucieux d’harmoniser les statuts des medias français, un décret vient d’être promulgué pour donner un statut à la presse en ligne. Mais le modèle économique reste à trouver…

Face à face
Le journaliste, Internet et les rumeurs Pour le chercheur Pascal Froissart, Internet ne sert pas de caisse de résonnance à la Vox populi. Pour le journaliste Nabil Wakim, les blogs sont une vraie forme d’information. Deux regards aiguisés et divergents sur la traçabilité de l’information !

Récit
Tous les garçons et les filles de mon âge médisent sur le net Les adolescents grandissent avec un clavier au bout des doigts, mais pas toujours le mode d’emploi pour la vie en société. Les réseaux sociaux et les messageries perpétuent et archivent les bruits qui circulent à la cantine et dans les couloirs. Portrait de Lola et de ses malheurs en ligne.

Vues d’ici et d’ailleurs
Une monde sous haute surveillance Des villages chinois aux villes britanniques, les nouvelles formes d’espionnage citoyen où des notables se retrouvent sans travail, tandis que des retraités améliorent leurs revenus en passant des heures devant des écrans de surveillance. Georges Orwell n’y avait pas pensé !

Enquête
Mouchard, un métier comme les autres Le monde de l’entreprise est soudain pavé de bonnes intentions – les alertes professionnelles sont à l’ordre du jour pour dénoncer des pratiques illégales. Jusqu’où servent-elles les intérêts des salariés ? Les syndicats jouent la prudence.

La page de l’Isoc Monde
Un FGI studieux
Le Forum sur la gouvernance de l’Internet s’est déroulé à Sharm El Sheikh fin novembre. L’occasion de faire le tour du monde des sujets brulants de la régulation du réseau. Reportage en Egypte où soleil et plage le disputaient à diversité culturelle et cybercriminalité !
 
Emergences
Les blogs ont un prix Les prix littéraires sont franchement old school. Déplacés sur la toile, ils deviennent l’apanage des blogs et de leurs auteurs. Première expérience vécue d’un membre du jury qui a bel et bien lu 15 livres en un mois pour chroniquer la rentrée littéraire ! 
 
 Informations pour le  téléchargement :  http://www.societesdelinformation.net/index.php [il est nécessaire de s'abonner (gratuitement) pour pouvoir télécharger l'intégralité du numéro ainsi que les numéros précédents].
 
 

Publié par Djibril Diakhaté. mardi 8 décembre 2009 0 commentaires

"Une contribution d'un ami, passionné de l'IE et de la maîtrise de l'information stratégique invitant à réfléchir sur l'éclosion de l'Intelligence économique en Afrique.  Les mutations induites par la mondialisation de l'économie couplées à une explosion de l'information (multiplication des médias et des possibilités de production et de diffusion de l'information) doivent obliger l'entreprise, quelle soit petite ou grande, à avoir une attitude proactive. L'intelligence économique qui se définit succinctement comme l'ensemble des actions de collecte, de traitement et diffusion de l'information permettant à l'entreprise de prendre la bonne décision au bon moment, ne semble pas bénéficier d'un même écho selon les régions et les continents. L'Afrique, malgré des actions de sensibilisation à travers des associations telle que l'ASIE (Association Sénégalaise de l'Intelligence Économique) accuse d'énormes retards (manque de formations tropicalisées, une culture d'entreprise pas très portée vers l'information...) qui poussent d'aucuns comme Aboubacar Sadikh Ndiaye à s'interroger sur le cadre idéal d'expression de l'intelligence économique dans notre continent". 





« Quand la supériorité absolue n'est pas possible, vous devez rassembler vos ressources pour obtenir la supériorité relative au point décisif ».


Karl  Von Clausewitz

L’information est devenue un intrant stratégique à la prise de décision et à l’action, sa maîtrise devient un facteur clef de succès autant dans la veille économie  que dans la nouvelle organisation. Devant différentes réalités liées  à la crise et à l’heure des grandes mutations, une question revient sans cesse : l’Afrique, berceau de la première civilisation, est-elle civilisée à l’Intelligence économique ( I.E)? Devant ce questionnement sans réponse affirmative, le bilan est lourd et l’état des lieux est presque désastreux.
L’Intelligence économique semble être un tabou en Afrique alors que les grands États se sont tous mobilisés, les anciens spécialistes de l’espionnage et du contre espionnage font désormais office d’experts soit dans le public avec l’Intelligence territoriale ou dans le privé avec le renseignement légal. Et pourtant la guerre économique n’épargne pas l’Afrique, elle est le terrain d’affrontement stratégique entre multinationales. Cependant il y a encore espoir avec la création d’associations qui visent à booster l’Intelligence économique. C’est le cas de l’ASIE (association sénégalaise d’intelligence économique) dont les travaux s’inscriront dans la logique de naissance imminente de l’Intelligence économique en Afrique. Face à cela comment l’Afrique doit intégrer l’Intelligence économique pour favoriser et créer le cadre d’expression de l’Intelligence économique et s’appuyer sur le secteur des PME et PMI qui constituent la grande majorité des entreprises du continent ?

Appropriation de l’I.E


L’Afrique doit pratiquer les procédés d’Intelligence économique pour créer un cadre d’expression à l’Intelligence Economique. Procéder par l’Intelligence économique pour arriver à l’intelligence économique. Vulgariser, sensibiliser et préparer un cadre d’expression à l’intelligence économique par l’Intelligence économique, tel semble être paradoxal mais si l’on considère que par des procédés d’Intelligence économique ou de Benchmarking l’Afrique devrait arriver à reprendre les best practices  des Européens, des Américains et des Asiatiques pour préparer les cadres stratégique et juridique de l’Intelligence économique qui est actuellement incontournable.
Elle devra s’approprier une telle démarche ainsi que les meilleures pratiques pour arriver au stade de prise de conscience et de mise en œuvre d’une approche politique et administrative de la réalité. Il faut dire qu’en 2003 la France était à ce stade de mimétisme alors que Bernard Carayon (Député du Tarn) criait « La France est en retard en matière d’intelligence économique », il affirmait que «L’expression est apparue pour la première fois en France dans un rapport du Commissariat Général au Plan. L’intelligence économique était présentée comme une méthode d’identification de l’information au service des entreprises (veille, informations juridiques, communication…) ou assimilée à de l’espionnage. Je revendique la réalité de la guerre économique, mais je trouve curieux d’utiliser une expression aussi ambiguë pour parler de veille et de renseignement », et prétends avoir « défini une politique publique d’intelligence économique. Premièrement une politique de compétitivité, d’accompagnement des entreprises sur les marchés mondiaux ; ensuite, une politique de sécurité économique qui s’appuie sur la définition d’un périmètre stratégique de l’économie nationale, puis européenne ; politique d’influence, notamment auprès des organismes où s’élaborent désormais les normes qui règlent la vie économique et enfin, une politique de formation, dans l’enseignement supérieur principalement. »

Benchmarking de l’I.E


Par un benchmarking l’Afrique devrait identifier « les secteurs les plus sensibles » et les marchés stratégiques. Cette notion renvoie à une conception particulière de l’économie, qui n’occulte pas l’importance de la dimension politique. « Nous ne devons pas croire que ces marchés se conquièrent uniquement par les règles de l’économie libérale, le prix et la qualité des produits et services car ils subissent l’influence des États ou d’acteurs nouveaux comme les ONG, les think tanks, les lobbies, etc. On peut également définir ces marchés stratégiques comme des marchés créateurs de puissance et d’influence. Cinq grands domaines sont jugés comme sensibles aujourd’hui : les TICS (technologies de l’information et de la communication et de la sécurité), l’énergie, la pharmacie, l’aéronautique et quelques pans de l’industrie alimentaire. » (Selon des sources du gouvernement français).Avant 2004 la France ne disposait d’aucun dispositif de protection de ses entreprises stratégiques et aujourd’hui c’est fait, elle dispose d’un référentiel de formation en intelligence économique et d’un guide de veille concurrentielle. « Le périmètre stratégique n’était même pas une notion imaginée et l’ensemble des services de l’État travaillait en désordre sur ces questions. Il n’y avait pas non plus de réflexion autour des enseignements universitaires sur les technologies sensibles et ce n’est que récemment que la France a engagé, sous l’impulsion de Michèle Alliot-Marie, une réflexion sur la dépendance stratégique de sa défense nationale ».
L’enseignement universitaire doit également être impliqué ainsi que la recherche. L’Afrique par des procédés de Knowledge management va disposer de compétences clés : les acquérir, les dynamiser et les transmettre pour réussir cette politique d’Intelligence économique en ayant avec elle des spécialistes en IE avec un savoir-faire réel et validé. La solution d’Intelligence Territoriale permettra aux pôles et agences publiques, gouvernementales ou locales, de valoriser leur territoire grâce à une surveillance des acteurs de leur territoire et des initiatives économiques et sociales d’autres territoires et régions du monde. L’Afrique par ces solutions d’Intelligence territoriale apportera des réponses aux questions sur « les différents acteurs de son territoire et leur activité, sur les besoins d’information des acteurs de son territoire pour soutenir leur développement, sur les acteurs à plus forts potentiels (pôles de compétitivité) et sur comment évoluent les grandes tendances sociétales, économiques, technologiques pouvant impacter son territoire etc.. ».
L’Afrique pour réussir son « Découvrir – Pratiquer – S’approprier » l’Intelligence économique doit s’appuyer sur l’action de ses associations comme l’ASIE et impulser définitivement des politiques publiques en intelligence économique.

Aboubacar Sadikh Ndiaye
Consultant / Chroniqueur Indépendant
*Article actualisé, première publication (2006) - Paru dans le magazine Nouvel Horizon

Publié par Djibril Diakhaté. mercredi 18 novembre 2009 1 commentaires

Depuis quelques années, les bouleversements que connait l’économie mondiale provoquent des changements dans plusieurs domaines. Aujourd’hui, à l’ère de l’information, savoir maîtriser son environnement est plus que vitale aussi bien pour les entreprises que pour les nations elles-mêmes. Il s’agit surtout de l’information économique abondante, parfois éparse et diversifiée. Ainsi face à cette situation en constante évolution, il convient de bien comprendre ce qui nous entoure, autrement dit comprendre son environnement, c’est savoir s’informer. En clair, la principale articulation de cette démarche réside dans la recherche d’information économique à usage stratégique surtout dans sa diffusion.
 C’est ce que des continents comme l’Europe ont compris depuis près de deux décennies ; la capitalisation et utilisation stratégique (protection et diffusion) de l’information notamment celle à caractère économique. Vraisemblablement, des méthodes et des pratiques existent pour mieux s’approprier l’information la plus utile. Il s’agit entre autres des outils de surveillance comme les différents types de veilles et dans un sens plus large de l’Intelligence Économique devenue une discipline à part entière et exclusive....lire la suite
Article paru dans Agoravo

Publié par Djibril Diakhaté. mercredi 21 octobre 2009 0 commentaires


Doté d'une équipe d'une cinquantaine de personnes, le département des études économiques de BNP Paribas s'est engagé en 2004 sur la mise en place d'un vaste projet d'une plate-forme Leonard.
Son objectif : favoriser l'usage de l'information économique et financière en exploitant plus efficacement celles en provenance de ses bases de données internes mais également de Presse qui sont venues se rajouter aux données des veilleurs.
L'une des premières briques sur laquelle BNP Paribas s'est appuyée a été le moteur de recherche. Une solution intéressante mais qui aura été loin de combler à elle seule les ambitions du département des études économiques...lire la suite.

Publié par Djibril Diakhaté. vendredi 9 octobre 2009 0 commentaires

Un article intéressant sur le business du Halal et l'ambiguïté qui caractériserait ce qualificatif. Le Halal, de nos jours est dans la conscience collective, lié à tort seulement aux produits alimentaires. L'auteur Ababakar Sadikh Ndiaye remontant à l'éthymologie du mot, montre qu'il serait très réducteur de restreindre le halal exclusivement à l'alimentaire. Il met en exergue d'autres activités (les finances entre autres) qui mériteraient autant que l'alimentaire d'être estampillées halal, qui basiquement signifierait ce qui n'est pas "haram", c'est à dire pas interdit en parfait accord avec la tradition islamique.

"Dieu est de retour. Il serait à la mode. En cette période du mois béni de ramadan, IL est tendance et IL l’a toujours était chez certains. De tout temps des voix se sont levées au nom de cette Cause. Des peuples, des souverains et des armées se sont battus au nom de Dieu tandis que d’autres ont choisi une voie plus douce pour négocier toujours au nom Dieu. A partir de ces deux dynamiques : l’argument de la force par la guerre, et la force de l’argument par la négociation, toutes menées sur le chemin de Dieu, des armées ont été déployés, des ressources mobilisées et des stratégies dignes de l’art de la guerre, élaborées afin de triompher dans ces « guerres saintes ».

Cette dernière logique - la négociation - appliquée au cadre commercial, entre sans doute dans l’affrontement économique des temps modernes, accentuée par la mondialisation et l’accélération des échanges et faisant de tout le monde le concurrent de tout le monde . S’engager dans cette guerre économique au nom de Dieu révèle t’elle une nouvelle dimension d’un « Jihad » sur le fondement de préceptes de la tradition des livres saints tels que le Coran - comme l’Eglise catholique, jusqu’à il y a cinq siècles - bannissant l’usure, à laquelle ils préfèrent le partage des profits et des pertes....

Lire la suite de l'article sur RHZINE

Publié par Djibril Diakhaté. vendredi 2 octobre 2009 0 commentaires

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Publié par Djibril Diakhaté. lundi 7 septembre 2009 0 commentaires

"Depuis 2004, le classement du Web est publié deux fois par an (en Janvier et en juillet). Il couvre plus de 17,000 Institutions d’enseignement supérieur à travers le monde. La présence Web mesure l’activité et la visibilité des institutions et constitue un bon indicateur de l’impact et du prestige des universités. Le rang résume la performance globale de l’université, fournit des informations aux étudiants potentiels et aux chercheurs, et reflète l’engagement de l’institution dans la dissémination du savoir scientifique".

En fouillant un peu j'ai remarqué que l'université francophone est assez mal classée comme c'est toujours le cas pour ce genre d'étude. La première université française (Paris 6, Pierre et Marie Curie) est 129e mondiale

Concernant l'Ucad, l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l'étude la classe au 18e rang en Afrique. Elle est aussi la 1ere université francophone africaine. C'est honorable à l'échelle continentale mais on peut être plus ambitieux que ça. Vu l'état du site de l'Ucad, son manque de dynamisme et d'interactivité je crois qu'il y a encore beaucoup à faire en terme de visibilité, de diffusion et de partage du savoir.

Pour le classement voir à l'adresse : http://www.webometrics.info/top6000.as

Pour plus d'informations : http://www.webometrics.info/


Merci à Bernard Dione

Publié par Djibril Diakhaté. mercredi 29 juillet 2009 0 commentaires

La veille stratégique et l'intelligence économique expliquées en plus simple par l e moyen des cartes heuristiques (Mind Mapping).

Ce travail est une synthèse de lectures faites sur le sujet consolidées d'expériences professionnelles dans diverses entreprises. Pour des soucis d'espace, la représentation n'a pas été poussée à un niveau plus détaillé.
VeilleMap inaugure dans ce blog une série dédiée au partage de connaissances dans les différents domaines de la veille, de l'intelligence économique et des sciences de l'information et de la communication etc. Elle ne revendique pas l'exhaustivité mais essaie d'expliquer de manière schématique et synthétique ce que sous-tend cette activité de collecte, de traitement et de diffusion de l'information stratégique à des buts décisionnels et compétitifs.



Publié par Djibril Diakhaté. mardi 14 juillet 2009 4 commentaires

Le spécialiste du filtrage Olfeo et le cabinet d'avocats Alain Bensoussan font le point sur les modalités juridiques du filtrage de trafic internet au sein des entreprises

Pour préserver sa bande passante, le CHU de Montpellier filtre les accès à Facebook, Youtube et Dailymotion depuis mars dernier. Il n'est pas le seul. Le ministère des Finances et de la Fonction publique interdit aussi l'accès aux réseaux sociaux, aux sites de vidéos et aux sites d'enchères. La Poste a également mis en place un filtrage internet. Ces différents cas récemment relatés dans la presse font écho à la sortie du rapport "Filtrage et Internet au bureau : enjeux et cadre juridique" co-écrit par le spécialiste du filtrage Olfeo et le cabinet d'avocats Alain Bensoussan. "Face aux menaces liées à l'utilisation d'internet en entreprise, peut-on prendre le risque de ne pas contrôler le trafic des collaborateurs ? Quelles sont les obligations légales ?" s'interrogent les auteurs de l'étude.

Selon eux, les risques pour l'employeur sont nombreux : juridiques (responsabilité pénale et civile), techniques (intrusions, virus, divulgation d'informations confidentielles) et financiers (liés à la perte de productivité des salariés). "L'enjeu du filtrage est de limiter l'accès des salariés aux contenus illicites, mais aussi de limiter la responsabilité de l'employeur", résume Eric Barbry, avocat au cabinet Alain Bensoussan qui a participé à la rédaction du rapport. Olfeo chiffre de son côté la baisse de productivité à six semaines par an et par collaborateur, soit 15 % du temps de travail annuel. Et côté technique, le CHU de Montpellier a mesuré que les applications "non professionnelles" peuvent consommer jusqu'à 90 % de la bande passante internet de l'entreprise.

La loi reconnaît l'utilité du filtrage internet depuis dix ans, suite à la décision de justice 276/1999 CE qui confirme que "les outils de filtrage constituent des éléments essentiels pour assurer un environnement internet plus sûr". La jurisprudence conforte cette tendance en légitimant la mise en œuvre d'un contrôle des connexions internet et elle reconnaît le droit de loguer le trafic. Dans un arrêt du 9 juillet 2008, la Cour de Cassation a retenu que, dans une entreprise, les connexions à internet étaient "présumées professionnelles" : l'employeur peut donc rechercher ces données et ce, hors de la présence de l'employé.

La problématique pour les DSI n'est donc plus le filtrage en lui-même, mais les conditions du déploiement des filtres qui doit se faire en conformité avec la loi. "La mise en œuvre d'une telle solution doit respecter trois axes : le droit du travail, le droit Informatique et libertés, le droit de la preuve" précisent les auteurs de l'étude. Contrairement aux idées reçues, les projets de loi Hadopi et Loppsi ne visent pas que le grand public et devraient préciser les modalités de mise en œuvre au sein des entreprises

L'intégralité du Rapport est accessible ici

Sources: indexel.net, Olfeo

Publié par Djibril Diakhaté. dimanche 28 juin 2009 0 commentaires

La planète internet a connu ces derniers jours un tintamarre autour de la sortie du moteur Bing, un GoogleKiller de Microsoft. Les mordus d’internet et de recherche d’informations ne pouvaient passer à coté de cet évènement relevant plus d’un coup médiatique que d’une réelle innovation. Bing représente plus une pâle copie de Google pimentée de quelques gadgets qu’une réelle invention. Microsoft en misant sur ce genre d’initiatives espérait grappiller quelques parts de marchés au mastodonte de la recherche d’information. Il ferait mieux de privilégier une approche plus originale qui défamiliariserait les internautes de Google en leur proposant une vraie alternative.


Google est tellement présent dans l’univers de la recherche d’information qu’il ne serait pas facile de le battre en le copiant tout simplement. Certes, il est possible de reproduire certaines fonctionnalités du moteur comme l’a fait bing (voir la catégorisation de sa page de recherche) mais la difficulté sera de proposer des services qui soient à la hauteur. Déjà à la sortie de Bing la firme de Mountain View a presque volé la vedette à Microsoft en s’enrichissant de nouvelles fonctionnalités. Google Squared, la dernière trouvaille en date, propose une comparaison des requêtes sous forme de tableau. Il faut signaler, en passant, que cette fonctionnalité n’est pas efficace pour tous les types de requêtes mais reste très intéressante en ce qui concerne les recherches sur des produits, des entreprises et des personnes.

Exemple de recherche : les prix Nobel



La sortie de Squared a été précédée par une semaine de publication de plusieurs autres innovations :

- Timeline : il permet une personnalisation des sources pour Google news. En d’autres termes vous pouvez choisir vos propres magazines, quotidiens sur les quels Google se basera désormais pour afficher votre page d’actualité avec une possibilité de classer les articles par jour, mois, semaines etc.

- Similar Image : une amélioration de Google image qui donne la possibilité de rechercher des images identiques. L’idée est de privilégier la recherche à travers les images et non à partir de mots clefs. Par exemple vous faites une recherche sur la tour Eiffel, il y a une multitude d’images qui vous sont renvoyées. Et parmi celles-ci il y a une qui attire particulièrement votre attention. A partir du lien Similar image en dessous de l’image en question il vous est désormais possible de rechercher toutes les autres images qui sont dans la même configuration.

- WonderWeel : Pour l’instant disponible que pour la version anglo-saxonne. Avec wonder Wheel, Google se met au MindMapping ( la présentation des résultats sous forme de carte heuristique). Une touche intéressante pour l’organisation et la visualisation des résultats de recherche. A partir du mot-clé entré, des ramifications sont faites en fonction des relations existantes entre les différents éléments que constituent les résultats : Voir imprime-écran.

Requête : « intelligence économique »




Entre autres innovations, Google marque encore une fois de plus sa présence sur le web 2.0. Avec searchWiki, il répond à cette exigence nouvelle du web collaboratif « le pouvoir aux utilisateurs ». En effet, L’utilisateur a aujourd’hui la possibilité avec ce nouvel outil de reclasser ses résultats de recherche en fonction de sa pertinence. Avec des annotations SearchWiki permet, en outre, d’enrichir les contenus

Alors tout une panoplie de nouveautés très intéressantes et qui ont comme vertu de fidéliser davantage les utilisateurs. Au moment où Bing peine à reconnaitre les syntaxes primordiales à une recherche avancée et pertinentes d’information.

- La syntaxe « related » si chère aux professionnels de la veille car permettant d’afficher les sites concurrents, n’est pas reconnue par Bing. Il considère l’élément « related » comme un mot clé de la requête alors qu’il s’agit d’un ordre. Il n’obéit pas. Alors que Google avec la même syntaxe vous sort merveilleusement les pages ayant des contenus similaires au site recherché.

- La syntaxe « allinurl » qui a démontré son efficacité dans Google avec la restriction des recherches exclusivement dans les urls, vous renvoie une page blanche dans Bing. Il en est de même pour « inurl »

- La syntaxe « filetype » est en fin pris en compte par Bing. En testant avec cette requête « protection de l’information filetype :pdf », les deux moteurs répondent et envoient des résultats constitués seulement de fichier pdf. Sauf qu’ici Bing pèche encore dans son manque d’exhaustivité. Et puis Google reste plus pertinent dans les 10 premiers résultats.

Autant de caractéristiques primordiales pour l’ergonomie de la recherche et la pertinence sur lesquelles Bing reste silencieux s’il ne renvoie pas beaucoup de bruits. Ce qui pousse à croire que Microsoft ferait mieux de vaincre son obsession de détrôner Google sur le terrain de Google (Bing est la quatrième version du moteur de Microsoft). Il a laissé beaucoup de temps et de marge de manœuvre à ce moteur qui a eu la patience de s’installer, d’améliorer ses offres en ingurgitant d’autres entreprises du marché (Youtube...) et en ne cessant d’innover.

Ainsi vu, vaincre Google pour Bing consiste à arriver au bout de deux difficultés :

- Se mettre au même niveau de fonctionnalités ou plus. Vu l’étalage d’innovations dont nous gratifie Google, Microsoft a du pain sur la planche

- Et encore plus difficile, séduire et récupérer les utilisateurs de Google. Ceci est lié d’abord à l’offre de fonctionnalités, à la performance du moteur mais aussi et surtout à son aptitude à proposer plus. Car il n’est pas intéressant de quitter un moteur pour un autre en y retrouvant les mêmes astuces. A cela s’ajoute l’investissement en termes de temps que se refuseraient bon nombre d’utilisateurs pour apprivoiser le nouveau moteur. L’avantage de Google, à ce niveau, est lié aux services qu’il agrège en plus de la recherche (Gmail, IGoogle, GoogleReader, Google news, les alertes web, Google historique…). L’intérêt de cette omniprésence est de maintenir l’utilisateur dans son giron en lui offrant tous les services possibles et imaginables.

En conclusion, la suprématie de Google en ces temps est incontestable mais c’est bien d’avoir des concurrents sérieux comme Bing, Yahoo et autres moteurs spécialisés pour pousser la créativité des uns et des autres au grand bonheur des utilisateurs. Et dans la recherche d’informations, aucun moteur ne peut se prévaloir de l’exhaustivité. Quelque soit sa performance, l’abondance sans cesse grandissante d’informations sur Internet, fait qu’il est impossible de ne pas passer à coté d’informations pertinentes. Les professionnels de l’information, les utilisateurs avertis des ressources du web, conscients de cette réalité ne peuvent se permettre d’utiliser un seul moteur. Il est impératif pour eux de connaître les points forts et les points faibles de chacun afin d’en jouer pour arriver à la bonne information.

Publié par Djibril Diakhaté. samedi 6 juin 2009 2 commentaires

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A propos de l'auteur

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Djibril Diakhaté
Enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication, EBAD, UCAD (DAKAR). Doctorant infoCom, IEP Aix-en-Provence
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